N° 49
 
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[74] EDITION > [13] Editeurs
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METAILIE Anne-Marie - Directrice des Editions Métailié (I)
Directrice des Editions Métailié (I)
Anne-Marie MÉTAILIÉ
 
 

Entretien. Occupant d'importantes niches dans le paysage éditorial français ( littérature latino-américaine et force incursions ailleurs ), Anne-Marie Métailié détaille son itinéraire et ses éditions. Suivi d'un entretien avec Marie Descourtieux sur son expérience d'attachée de presse.

 

Entretien régulièrement mis à jour avec les couvertures des nouveaux titres chroniqués :

CLIQUEZ sur les couvertures pour ouvrir sur sa chronique.


 

ArtsLivres : Madame Métailié, vous avez sorti deux recueils de nouvelles à l’occasion des 20e et 25e anniversaires de vos éditions, ce qui convia la presse à parler de vos titres en termes de plaisirs gastronomique ou sensuel. Luis Sepúlveda vous a même soufflé que « le mariage, c’est bien, mais qu’ensuite un homme se tient par le ventre », rappelant ce consensus entre ethnologues et sociobiologistes que « la sociabilisation de l’Homme s’est faite par le partage de la nourriture »… Qu’en pensez-vous ?

Anne-Marie METAILIE : Je pense que c’est vrai, parce qu’on ne parle vraiment bien de littérature qu’autour d’une table : cela permet convivialité et échanges, et parler de livres autour de bons mets est un plaisir exquis. Et partager c’est aussi par l’amour : pourquoi faire ce métier si on n’aime pas les livres ? En fait, l’idée du premier recueil commémoratif est de Lidia Jorge qui me souffla : « pour les vingt ans de ta maison d’édition, ce serait bien que tous tes auteurs t’offrent une histoire d’amour vu que ta relation avec nos textes est vraiment une histoire d’amour »… Il ne faut pas éditer un livre si on ne l’aime pas, si on n’est pas prêt à le défendre jusque sur la table du libraire…

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Comment comparez-vous le traitement littéraire de l’amour entre l’Europe et l’Amérique Latine ?

Vaste programme ! Je n’ai pas une connaissance exhaustive de la littérature française et mondiale, mais je peux dire que les jeunes auteurs français actuels n’ont pas cette dimension vitale et naïve indispensable à la description et au traitement littéraire de l’amour ! Cela est plus naturel dans les pays du sud, peut-être parce que la vie y est plus dure. Hors de France, rien qu’en Espagne et au Portugal, et surtout en Amérique Latine, il faut se la gagner la vie ! La relation est plus charnelle, vitale et essentielle, un instinct plus fort me semble-t-il que chez nous, où tout est si intellectualisé…

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On devient ce qu’on voit, vit et lit à l’adolescence. Si vous aviez dix titres sur l’amour ou sur la vie à indiquer aux jeunes, quels seraient-ils ?

Si par une Nuit d’Hiver un Voyageur d’Italo Calvino, pour qu’ils comprennent que la littérature est aussi un moyen de s’amuser, qu’on peut ne pas lire par obligation et qu’à l’adolescence il faut absolument lire des livres de littérature au lieu de psychologie. Nos grands auteurs nous ont donné tout ce qu’il faut pour avancer dans la vie et répondre à la fameuse question : qui suis-je ?

Mon premier grand roman d’amour fut Jean-Christophe de Romain Rolland : il me plongea dans des abîmes de perplexité, assez pour sentir cet appel et ce mystère dans l’amour. Je lisais de façon boulimique, ma mère étant abonnée à un cabinet de lecture, faute de bibliothèque municipale. J’ai pris les livres par ordre alphabétique, me constituant ainsi une culture aléatoire : les Jalna qui n’existent plus, La Mousson, Autant en emporte le Vent, La Nymphe au cœur fidèle et autres, même si ce n’est pas de la grande littérature. J’ai lu aussi Delly, dont on ne parle plus mais qui à l’époque avec quelque 180 titres était l’équivalent de Harlequin : la cousine chez qui je passais des vacances n’avait que ça, on n’avait pas de bibliothèques chics.

Ensuite, le lycée me fit découvrir de vrais textes littéraires, tels La Condition humaine de Malraux, Musset ( extraordinaire ) et les Buddenbrook de Thomas Mann : une révélation ! L’université structura davantage mes lectures : c’est un endroit merveilleux qui donne une boîte à outils pour marcher dans la vie et explorer des domaines dont on ne soupçonne même pas l’existence…

Mon grand choc littéraire sur l’amour fut Dom Casmurro de Machado de Assis, que j’ai fait retraduire chez nous : un livre poignant sur la jalousie, à mon sens à la hauteur de Proust. Et puis j’ai découvert un poète, le brésilien Carlos Drummond de Andrade, pour moi un phare dans ma vie intellectuelle et sentimentale, un homme merveilleux que j’ai eu le bonheur de rencontrer en 1982 pour la publication de ses nouvelles Conversation extraordinaire avec une Dame de ma Connaissance, à Rio chez un de ses amis qui tenait chaque samedi une réunion littéraire : des livres partout, même dans le frigo ! C’était formidable, on mangeait des petits gâteaux avec toute la fine fleur de la poésie et de l’intelligentsia brésilienne : ces hommes avaient entre soixante et quatre-vingt cinq ans, d’une ironie et une délicatesse infinie… Pétrifiée d’admiration donc, et lui expliquant que je voulais publier ce livre, il m’a dit : « mais chère madame, comment pouvez-vous publier mes œuvres en français ? Je suis tellement provincial ! »

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Qu’est-ce qui a éveillé votre intérêt pour l’Amérique Latine ?

Je suis montée à Paris pour étudier l’archéologie précolombienne, un peu comme Indiana Jones car cela n’était pas à la mode à l’université ! A l’Institut de l’Amérique Latine, on étiquetait des tessons, et je suis allée voir ce qui se passait en littérature : j’y ai trouvé des textes qui m’ont fait vibrer, j’étais à l’aise dans ces langues et leurs mondes… Et devant gagner ma vie, j’ai fais une licence d’espagnol pour devenir prof et pouvoir ensuite étudier ce que je voudrais. Voilà pourquoi je parle espagnol et portugais couramment.

Comment êtes-vous venue à l’édition alors que vous étiez d’abord sociologue ?

Travaillant à la Maison des Sciences de l’Homme, j’étais très touche-à-tout et m’occupais d’en diffuser les Actes de la Recherche en Sciences Sociales. Pierre Bourdieu me proposa alors d’enquêter sur les fonctions de l’éditeur dans le champ intellectuel. J’ai donc rencontré Jérôme Lindon, le fondateur des Editions de Minuit. Or je ne connaissais rien à l’édition : c’est lui qui a accepté d’être mon informateur. C’était un homme assez froid et ironique, mais il me parlait de son métier de façon si extraordinaire, que j’ai voulu vivre cette même relation avec un métier.

C’est ainsi que j’ai voulu partager et donner à lire mes amours et passions avec des lecteurs inconnus, montrer qu’on peut penser et sentir différemment, que la littérature est un merveilleux vecteur de diversités culturelles, qu’elle bouscule les idées et qu’on peut y perdre ses certitudes…

Quels étaient alors les éditeurs que vous admiriez ou suiviez ?

Les éditeurs n’ont pas grande importance et n’intéressent pas le public, qui ignore ce qu’est le métier d’éditeur, et n’a pas envie de le savoir. Je ne connaissais pas les éditeurs, même après mon enquête, et je n’étais guère fascinée par les catalogues : ce n’était pas mon problème.

Mais il y avait des auteurs. Il faut savoir qu’un éditeur ne lit pas ! Il lit certes pour sa production, mais pas celle des confrères car il n’en a pas le temps, si bien qu’il a une vision bizarre de la réalité éditoriale : la cuisine, on la fait soi-même ! Mais je m’intéresse au catalogue des Editions du Seuil, qui nous diffusent depuis 1991 et sont dans notre capital pour financièrement garantir notre diffusion : ils ne se sont jamais mêlés de ma production. Regardez donc qui ils diffusent : Phébus, Bourgois… Il y a un air de famille entre ces catalogues : une diversité, une curiosité…

Un quart de siècle après, quel regard portez-vous sur votre chemin parcouru ?

J’ai cru que cela deviendrait plus confortable avec le temps, mais pas du tout ! J’ai donc perdu mon illusion de stabilité et de confort, sans que cela ne me gêne trop : je suis toujours étonnée devant nos livres, avec le sentiment que ce n’est pas complètement moi qui ai réalisé tout cela…

Et il a tant de choses à faire et découvrir encore, tel notre prochain pavé italien Romanzo criminale, Roman criminel : la construction des mafias à Rome dans les années 1970-80, extraordinaire ! En 2004, j’ai publié Sherko Fatah, un Kurde irakien écrivant en allemand, formidable par sa vision différente du monde, même si on le vend mal : ses textes si durs et ces personnages qui rampent entre les champs de mines doivent être lus…

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Une femme dans l’édition rencontre-t-elle des difficultés particulières ?

En 1979, nous n’étions que deux femmes dans le métier : Régine Desforges et moi-même. A l’époque, la militante féministe que j’étais s’aperçut vite que dans l’édition, être femme avait ses atouts… Et comme je construisais une maison, je suis vite devenue respectable ; mais ne sachant rien, je devais travailler avec ceux qui savaient : je suis donc allée voir le plus gros imprimeur d’alors et un diffuseur professionnel. A l’imprimeur je dis que j’étais prête à apprendre, et je suis toujours restée modeste avec eux : ils aiment leur métier, le font bien, et ils m’ont enseigné.

Vous avez commencé en publiant le livre de Hans Staden. Pourquoi ?

Un attaché militaire, Terneaux Compans, avait traduit en 1820 ce témoignage publié en 1557 par ce mercenaire allemand. Son livre avait été un best seller européen à la Renaissance : quelque 75 éditions en Allemagne, un peu moins en France, avec les gravures sur bois que Staden avait fait faire sur ce qu’il avait vu des indiens Tupinamba qui l’avaient capturé de la baie de Rio. Jean-Paul Duviols me donna donc à lire Nus, Féroces et Anthropophages : un livre d’aventures extraordinaire !

Cliquez pour accéder à la chroniqueCliquez pour accéder à la chroniqueIl était plus simple de commencer avec un texte du domaine public. Avec Jean Paul Duviols, nous avons ainsi commencé la collection De Mémoire d’Homme. Je pensais que les gens s’en passionneraient autant que moi, mais pas vraiment : il me donna un grand accès aux média, mais les 3000 exemplaires, dont 400 services de presse, n’ont été écoulés que pour notre 20e anniversaire. Ce n’est donc pas un best seller, mais il a circulé davantage : plusieurs de nos stagiaires le connaissaient par d’abondantes photocopies à l’université, sans parler de son adaptation cinématographique au Brésil. Quoi qu’il en soit, avec lui j’ai appris à faire un livre, travailler avec des imprimeurs, et le vendre auprès des média : il m’offrit une formation intégrale…

Quels furent les critères de sélection pour les livres suivants ?

Je voulais publier des sciences humaines lisibles, mais il était difficile de sortir les chercheurs de leur jargon. Et je n’avais pas compris tous les enjeux : j’ai commencé ainsi dans les sciences sociales quand le marché chutait. La collection de sociologie créée avec Michael Polack et Luc Boltanski a publié des textes importants, mais je ne pouvais continuer à la financer à perte. Notre deuxième collection d’anthropologie, créée et dirigée par Pascal Dibie, se poursuit avec des titres qui se vendent bien, et David Le Breton y a construit une œuvre au fil des années.

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L’histoire de ma collection reflète les statistiques générales de l’édition en sociologie en France : les sciences humaines sont un secteur qui a diminué de façon impressionnante, reflétant l’absence de discussion intellectuelle en France. A l’inverse de la littérature, une traduction en sciences sociales ne s’amortit pas : trop cher au vu des ventes, ou alors à moins de l’amortir sur vingt ans, mais je n’ai pas une trésorerie qui me le permette. Et comme en littérature, traduire 1500 signes coûte 18~22 € selon la langue, les devis oscillant donc entre 6 000 et 14 000 €. Pour l’amortir sur le prix du livre, il faut vendre au moins 4000 exemplaires, ou alors vendre à 45 €…

Comment la profession voit-elle votre travail d’édition en sciences humaines ?

Je ne sais pas : on n’en parle pas… On ne s’intéresse pas vraiment au travail les uns des autres, et les professeurs ne donnent en bibliographie que leurs œuvres pour servir leur carrière ! On n’enseigne plus aux étudiants à lire : on leur donne des bouts de texte, alors qu’un raisonnement requiert développements et discussions pour tirer des conclusions ! Et excusez-moi si je m’emporte : il est difficile de publier en sciences humaines de fond, car ce sont de vrais investissements qui ont besoin de temps.

La France avait une voix dans le monde, notamment dans les sciences politiques et sociales. Qu’en est-il aujourd’hui ? Peut-elle encore jouer son rôle de « nation à message » par ses livres ?

Je crois que c’est terminé. Quand j’ai commencé à voyager en Amérique Latine, mes contemporains parlaient tous français, mal ou bien, mais l’important était qu’ils le lisaient. Aujourd’hui, l’Anglais l’a remplacé, et tout est tourné vers les Etats-Unis : seule la France croit encore qu’elle est un grand pays, mais elle est la seule.

En outre, la politique absurde et désastreuse des centres culturels français dans les années 1990 les a passablement détruits, et on continue ! Dans des salons du livre à l’étranger où la France est invitée d’honneur, on voit bien l’absence de politique : toutes ces lois de contrôle de l’immigration empêchent les étrangers de venir en France, et si on ne peut venir étudier chez vous, ne vous étonnez pas qu’on aille ailleurs et que l’affluence française diminue… Notre jeune littérature a du mal à s’exporter, et on comprend pourquoi : par exemple, une grande campagne par la Mairie de Rio distribua trois livres dans toutes les écoles primaires : un recueil de nouvelles d’auteurs classiques brésiliens, Les Misérables de Victor Hugo et Vingt Mille Lieues sous les Mers de Jules Verne. On existe donc encore, mais pas pour longtemps. Tout n’est pas perdu.

Le Bureau International de l’Edition Française (BIEF) du SNE mène des actions de formation intéressantes, dont une formidable mission sur les droits d’auteurs en Iran. Vous devriez parler à son directeur : il a un rare sens de l’intérêt public. Il a organisé à l’étranger des formations pour que les méthodes américaines ne soient pas les seules références.

Vous appartenez à l’ Alliance des Editeurs indépendants : qu’est-ce ?

Elle regroupe des éditeurs indépendants qui essayent d’établir des réseaux internationaux, pour résister à l’hégémonie des grands groupes internationaux. Des réseaux existent à l’intérieur des espaces linguistiques ou nationaux, comme en Inde, en Amérique latine ou au Brésil, pour la diffusion par exemple. Cette Alliance est un espace d’échange dans les salons du livre à l’étranger. Il existe aussi des tentatives francophones pour mutualiser la fabrication de livres en sciences sociales et de livres pour enfants, afin de les vendre à des prix équitables en Afrique.

Cela dit, j’ai un diffuseur, j’ai travaillé durant vingt-cinq ans pour bâtir ma maison et je n’ai pas les problèmes actuels des petits éditeurs français, qui sont essentiellement des problèmes de professionnalisation et de diffusion. Une commission du Syndicat National de l’Edition (SNE) essaie d’y remédier, et annoncera ses propositions en mars 2006.

Présentez-nous votre catalogue en littérature : origine, ventes…

Quand j’ai vu que la littérature subventionnait nos sciences humaines, il fallut se rendre à l’évidence. Et j’ai rencontré des auteurs latino-américains, dont Luís Sepúlveda, et ramené des manuscrits d’inconnus. Tous ne se vendent pas, mais c’est aussi le hasard du métier. Un retard à Roissy me fit rencontrer Nicole Bary qui me parla de Christoph Hein : j’ai dit banco ! Voilà comment naquit la Bibliothèque allemande. Puis j’ai rencontré Keith Dixon, un Ecossais qui me parla de James Kelman, d’où la Bibliothèque écossaise. L’édition, c’est des rencontres, car derrière les livres, il y a toujours des hommes et des femmes…

Le Cul de Judas d’Antonio Lobo Antunes et Le Dieu Manchot de José Saramago déclenchèrent chez moi l’aventure portugaise : quel bonheur de découvrir deux auteurs de telle ampleur ! Lidia Jorge parle des fins de guerres coloniales comme nul Français ne l’a fait de la guerre d’Algérie, un sujet qui m’intéresse beaucoup. Après, il y eut Agustina Bessa Luis, des auteurs devenus importants depuis et qui ont conquis un public : nous avons grandi ensemble… La bibliothèque hispanique constitue 20~25%, suivi des Italiens et des Ecossais, et les Allemands loin derrière. Les sciences sociales représentent ~10%.

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Nous avons été frappés par la variété des titres de votre collection de demi-poches Suite, et leur faible prix.

La collection Suites fut lancée en 1996, et réalise à elle seule 35% de notre chiffre d’affaire, tous titres mélangés. Vus le format, le confort de lecture et le prix, ce n’est pas du poche : un éditeur comme moi ne peut pas en faire, car le poche est un outil industriel qui s’expose en hypermarché et dont les ventes se calculent au mètre d’exposition en étagères. Je ne veux pas me lancer dans une production exagérée : nous sortons donc 15~18 titres annuels de notre fond, en regroupant parfois les titres de nos auteurs comme pour Alfredo Bryce-Echeñique. Pour moi, un auteur doit être dans une maison et le lecteur doit pouvoir le trouver tout entier. L’évolution est très nette depuis 2002 : le public achète de plus en plus de poches et moins en moins de grands formats.

Pour le prix, il est clair qu’un lecteur avec un salaire moyen n’achètera pas un livre cher dans un domaine qu’il ne connaît pas. Je lis moi-même beaucoup, mais il m’est difficile de caser dans mon budget l’achat de certains livres, surtout les inconnus : on peut prendre des risques jusqu’à 15€, et encore… C’est même le plafond dans Suites : nos titres de 500 pages coûtent 12 €. Il fallait aussi qu’ils soient jolis pour qu’on ait envie des les offrir. Certains de nos titres étaient auparavant dans d’autres collections de poches, mais j’ai repris mes droits : il y a tout un public à qui on n’offre pas Le Vieux qui lisait des Romans d’Amour en poche, mais plutôt dans la présentation Suites. J’ai donc essayé de la soigner pour en faire un bel objet, en papier offset blanc. Et c’est moins cher qu’une bonne bouteille de vin…

J’avais aussi constaté dans le public le syndrome Lagarde et Michard : une présentation des auteurs dans leur contexte et que lire pour aller plus loin éventuellement. Or pour les domaines que nous voulons faire découvrir, une version modernisée me semblait opportune : par exemple, pour le Portugal entre la Révolution des Œillets et aujourd’hui, nous avons essayé de montrer la littérature par ordre chronologique et par âge des auteurs. L’âge des auteurs est important, car les contextes historiques diffèrent et sont explicités au début de chaque nouvelle, avec leur bio-bibliographie. Tous nos recueils sont composés de cette façon

Des Nouvelles de Cuba montrent pourquoi la littérature cubaine existe et provient de trois endroits : de l’intérieur de l’île, des exilés et de ceux qui circulent entre Cuba et l’extérieur La situation cubaine est plus complexe qu’on ne croit. La génération qui eut 40 ans en 2005, élevée dans la Révolution et produit de l’éducation révolutionnaire, n’a pas les mêmes thèmes et préoccupations que les plus jeunes : il importe de le montrer. Des Nouvelles d’Algérie sont magnifiques, choisies et présentées par Christiane Chaulet Achour. Un critique a dit dans Notes et Etudes Bibliographiques que notre volonté de présentation chronologique et de recoupement avec l’histoire de l’Algérie était une insulte à la littérature, qui devait existait en dehors de tout ! Quelle bêtise monumentale, car ce n’est pas desservir la littérature que de montrer comment elle s’inscrit dans une réalité !

Suite de l’interview : cliquez ICI



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[12]   Nos SPECIALITES > EDITION > Editeurs   
 
  JUUL Susanne - Directrice des Editions Gaïa (I)   Editeurs 
17 : 10.III.05
JUUL Susanne :
Directrice des Editions Gaïa (I)
 

Entretien. Fondées en 1992, les Editions Gaïa ont rapidement occupé une niche du paysage éditorial français. Spécialisées en littérature nordique avec un succès croissant, elles comptent d'excellents titres dans d'autres domaines et une incursion croissante dans le polar du nord. »»»

 
  BELLEMARE Gaston - Ecrits des Forges (Québec)   Editeurs 
5 : 01.VIII.04
BELLEMARE Gaston :
Ecrits des Forges (Québec)
 

Entretien du fondateur des éditions Ecrits des Forges ( un franc succès éditorial international ) et du Festival International de Poésie à Trois-Rivières au Québec. Gaston Bellemare détaille son activité et sa vision de l'édition en poésie. »»»

 
 
OLIVIÉ Frantz - LAVIELLE Charles-Henri - Directeurs des Editions Anacharsis RENOU-NATIVEL Corinne - Jean Daniel, 50 ans de journalisme GAILLARD Roger - COSE-CALCRE : Comité des Auteurs en Lutte Contre le Racket de l'Edition NEYME Jacques - Directeur des Editions Encre Marine DUBOST Louis - Lettre d'un Editeur de Poésie ArtsLivres - Chroniquer sur ArtsLivres
 
 
[10]   THEMATIQUES > MEDIA > Edition   
 
  NEYME Jacques - Directeur des Editions Encre Marine   Editeurs 
12 : 20.XI.04
NEYME Jacques :
Directeur des Editions Encre Marine
 

Entretien. Qui n'a pas repéré la qualité des textes et celle du façonnage de cet éditeur éclectique voué à la philosophie et à la poésie ? Rencontre avec les deux Jacques, le fondateur et le collègue, et immersion dans la passion éditoriale acquise aux legs du bel esprit… »»»

 
  CHANDEIGNE Michel - Co-fondateur des Editions Chandeigne   Editeurs 
30 : 09.XI.06
CHANDEIGNE Michel :
Co-fondateur des Editions Chandeigne
 

Entretien. Jadis biologiste puis traducteur ( Gallimard, La Différence, Bourgois, etc. ), Michel Chandeigne promeut la civilisation lusophone avec la Librairie Portugaise et ses éditions dont la Magellane, superbe collection, est le vaisseau amiral dédié aux relations de voyages historiques. »»»

 
 
BELLEMARE Gaston - Ecrits des Forges (Québec) GAILLARD Roger - COSE-CALCRE : Comité des Auteurs en Lutte Contre le Racket de l'Edition JUUL Susanne - Directrice des Editions Gaïa (I) OLIVIÉ Frantz - LAVIELLE Charles-Henri - Directeurs des Editions Anacharsis DUBOST Louis - Lettre d'un Editeur de Poésie DEL RIO DONOSO Luis - Directeur des Editions La Porte
 
 
[16]   MONDE SYNOPTIQUE > FRANCE > Edition   
 
  Rédaction ArtsLivres - Les Salons d’ArtsLivres  Salons 
34 : 01.VI.07
Rédaction ArtsLivres :
Les Salons d’ArtsLivres
 

‘On publie trop de livres’ dit Umberto Eco : la majorité, sans intérêt en effet, décourage le public qui, floué, se détourne de la lecture. Pire, les meilleurs titres passent inaperçus. ArtsLivres.com fut lancé pour identifier et défendre les titres de qualité, sur Internet et dans les salons. »»»

 
  GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie – Entretien N°2   Edition 
49 : 01.VI.13
GIMENO-PONS Vincent :
Marché de la Poésie – Entretien N°2
 

Entretien N°2. Huit ans après notre entretien de 2005 avec le commissaire du Marché de la Poésie ( officieusement le premier salon en France de l’édition indépendante tous genres confondus ), retour sur les 31 années de cet événements emblématique. »»»

 
 
AIMÉ Gérard - Directeur des Editions Alternatives CHANDEIGNE Michel - Co-fondateur des Editions Chandeigne DEL RIO DONOSO Luis - Directeur des Editions La Porte DEMARTIS David - Directeur des Editions du Murmure GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie - Entretien N°1 CESSE Philippe - Comment gagner un Prix littéraire en 40 Leçons : le Manuel des Auteurs Juniors !
 
 

     
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