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 | BROWN Dan | | Da Vinci Code | | | [30] JC Lattès
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574 pages - 22 € ISBN 10: 2-7096-2493-1
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Voici un polar qui devrait contenter les amateurs du genre. Mais si l'intrigue est bien conduite, avec au passage de nombreuses connaissances sur les symboles et l'histoire de l'art, le stratagème ourdi par le Prieuré de Sion souffre d'une grande fragilité.
| | Dan Brown has delivered a delightful novel, somewhat reminiscent of his former Angels and Demons. The book should please both thriller fans and art historians, given the number of interesting historical and symbol developments therein. We, however, discuss one or two caveats herebelow, whereby the author may have thinned down to 574 pages what otherwise would have been a strait masterpiece. |
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Certains des ingrédients qui font la fortune de ce livre étaient déjà présents dans le précédent livre de Dan Brown Angels & Demons. Un polar en pôle position
Classé parmi les meilleures ventes, nous avons voulu vérifier la qualité du livre. Pour une fois, qualité rime avec succès commercial : le texte est riche en anecdotes historiques qui entraînent sans répit le lecteur tout au long de ses 574 pages, malgré quelques réserves ( cf. infra )… Si deux des principaux acteurs, les professeurs Langdon et Teabing sont l'un Américain et l'autre Anglais, le roman se déroule en France pour l'essentiel, avec de nombreux personnages français, recette étonnante au vu de l'actualité.
Mais le Da Vinci Code est d'abord l'histoire d'une formidable chasse au trésor, rien de moins que la quête du Graal : avec tous les autres livres écrits sur ce thème légendaire, doctes et populaires, l'entreprise était une gageure. L'intrigue mêle ainsi conservateurs de musée, historiens, collectionneurs, inspecteurs, ordres secrets dont la société secrète du Prieuré de Sion, l'Eglise catholique, l'Opus Dei, sicaires, etc.
Le livre montre aussi une bonne connaissance de la psychologie humaine. D'abord, par la manière dont divers intervenants réussissent ou réussirent à manipuler d'autres personnages selon leurs desiderata. Ensuite, par la manière dont Jacques Saunière, conservateur en chef au Musée du Louvre, sut prévoir et concevoir une longue suite de déductions à venir. Enfin par la description des relations entre les protagonistes eux-mêmes, entre le grand-père et sa fille, entre celui-ci et son entourage, et entre les deux grands professionnels du monde de l'art sus-cités.
L'Histoire de l'Art en Polar
Plusieurs sites culturels sont évoqués, telle l'Eglise Saint-Séverin, et le Louvre surtout. Naturellement, comme l'indique le titre, Léonard de Vinci occupe une place centrale : la Joconde, la Vierge au Rocher et la Dernière Cène dévoilent des secrets bien imbriqués dans la logique du livre. Certains détails d'ailleurs, étonnants, laissent pensif devant leur vraisemblance.
Mais les références à Vinci ne s'arrêtent là : certaines de ses inventions et dessins sont mis à grand profit, comme le fameux cryptex qui joue dans le roman un rôle prépondérant. D'autres personnages, comme Newton ou Pope, occupent une place non négligeable dans l'intrigue. Le Da Vinci Code est donc autant un bon polar qu'une bonne introduction à certains chapitres de l'Histoire de l'Art, notamment sur l'interprétation des œuvres dont on trouvera un exposé de quelques problèmes auxquels la discipline est confrontée.
En fait, le texte est truffé d'intéressantes explications, historiques et artistiques, qui rehaussent le polar et son intérêt culturel. Normal d'ailleurs de la part d'un auteur historien d'Art de formation : de ses maintes références à l'Histoire, on pourra retenir, entre autres, l'origine du pentacle, et nombre d'anciens symboles païens et égyptiens repris ou diabolisés par l'iconographie chrétienne, si soucieuse d'asseoir son pouvoir et de remplacer les anciennes croyances. Dans cette veine, de nombreux symboles sont explicités et viennent agréablement étayer l'intrigue que le couple vedette démêle grâce à ses doctes connaissances.
Un Polar à rebondissements
Disons-le, le roman est bien construit, sans réelles longueurs, et réussit à maintenir son lecteur en haleine. En tant que lecteur averti toutefois, devant l'érudition des personnages ( et de l'auteur ), leur lenteur ou ignorance devant des indices aussi courants que 666 ou la signification homophone de l'expression espagnole 'Sangre Real', surprendront plus d'un. Et vu la qualité du roman, on s'étonne que l'auteur ait cru bon s'appesantir sur ces clichés, à moins qu'il ne faille hélas se convaincre de l'ignorance du lectorat américain. En revanche, d'autres détails auraient amplement mérité être développés, mais peut-être cela aurait-il rebuté d'autres lecteurs. La critique est facile comme on sait, mais il y avait là largement de quoi faire un chef-d'œuvre, ce que le livre n'est pas, tout bon qu'il soit.
Néanmoins, comme il s'agit d'une forme élaborée de chasse au trésor, un principe propice aux effets de rebondissements que Dan Brown exploite à mon sens un peu à l'excès, chaque étape relance l'histoire dans une nouvelle direction comportant elle-même une ou plusieurs surprises. D'une manière générale, ces rebondissements sont réussis, mais leur nombre pourra agacer les purs et durs. Car s'agissant du Graal que tant ont cherché ou cherchent depuis deux millénaires, le nombre d'étapes pour y parvenir révèle la grande faiblesse du roman : c'est une règle de base, dans les ordres secrets comme dans la transmission d'information, qu'il vaut mieux un bon système de défense qu'une longue succession de petites étapes pouvant à chaque fois achopper et faire perdre un trésor à jamais. L'auteur a peut-être ici trop joué sur les surprises à répétition, et ainsi délayé un excellent crû à trop en rajouter.
Surtout lorsqu'au bout des cent chapitres et moult péripéties, on revient, pour ainsi dire, à la case départ. Bref, pour un roman sur le Graal, l'essai est réussi. Mais pas transformé. Philippe Cesse © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°3 : 01.VII.04 * * *
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