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 | DESAUBRY Jeanne | | Hosto | | | [4] Krakoen
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340 pages - 9 € ISBN 10: 2-916330-08-9
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Un bon polar, un service des Urgences correctement décrit, une excellente intrigue avec juste ce qu’il faut de meurtres et de suspens, des personnages réalistes, une enquête rondement menée et une écriture teintée d’humour… Les Urgences à l’hôpital ont souvent été décrites : parents inquiets pour leur enfant dépassant les 40°C, jeune toxicomane venant d’accoucher dans les toilettes, clochard ayant mangé sa main droite dans une crise de delirium tremens, etc. Ces souffrances sont prises en charge par des fonctionnaires épuisés et sous-payés, qui ont leurs propres fardeaux. C’est cela le quotidien de Claudette, adjointe aux Affaires Médicales de l’hôpital Saint-Cyrille, qui avale ses barbituriques par des rasades d’alcool. Ses cauchemars : un fils décédé qu’elle appelle désespérément chaque nuit, et Soline Porpiglia sa supérieure hiérarchique qui la harcèle moralement… Le harcèlement moral est bien rendu pas l’auteur, qui a travaillé dans les hôpitaux.
Claudette avait pu y faire face jusqu’ici : « avec la grippe qui sévissait, accroissant le nombre de malades et diminuant le nombre d’infirmières bien-portantes, on avait frisé la catastrophe. La même épidémie sévissait en ville, et les sociétés d’intérim n’avaient plus personne à fournir. Alors, au lieu de se reposer, elle avait couru les services, évaluant les besoins, déplaçant les personnels, remplaçant les infirmières par des aides-soignantes, jurant qu’elle n’imposerait aucun malade dans les lits encore vacants. Sachant naturellement qu’elle ne tiendrait pas sa promesse car les Urgences étaient, comme toujours et de façon chronique, totalement saturées (p.15) »… Mais lorsque Soline est découverte morte, victimes de coups à la tête, il y a comme une vague de soulagement dans le service et son entourage : « elle m’en a fait trop voir. Ces derniers temps, je n’en pouvais plus. Elle est…était capricieuse, injuste, violente… Une intelligence brillante, mais… gâchée par un caractère épouvantable. On ne savait jamais de quelle humeur on allait la trouver. Bien lunée, elle te racontait des détails gênants sur sa vie privée. Sinon, tu te faisais engueuler sans pouvoir en placer une (p.56) ». Cette jeune femme jolie et à la tête bien remplie, était détestée de ses subordonnés qu’elle exaspérait par sa dureté et ses injustices, tout en étant jalousée des femmes trompées ou encore désirée des hommes qu’elle avait repoussés.
L’enquête est menée par deux flics complémentaires, Degroux et Perrin qui suit le cliché du flic à problèmes conjugaux : « le côté ‘vieille France’ de Degroux, qui l’avait exaspéré au début, était un atout dans leur paire. Lui, le rêveur qui laissait filer son imagination sur des riens. L’autre, qui pointait les incohérences avec une rigueur de computer. Lui qui dépistait en souriant les frasques polissonnes, Degroux qui décortiquait les emplois du temps. Degroux attirait les confidences féminines de façon stupéfiante, mais manquait bien souvent d’intuition. Perrin naviguait souvent à l’estime, mais n’avait pas son pareil pour relever les dissonances dans les témoignages. Ils avaient ensemble un taux de réussite assez élevé, mais n’avaient pas encore réussi à s’aimer (p.89) ». Aussi lorsque Perrin avoue sa liaison avec Claudette des années auparavant, Degroux préfère-t-il prendre le large, car pareil cas n’entre pas dans le règlement. Or ce ne sont pas les suspects qui manquent : un amant éconduit ? une épouse jalouse ? un(e) collègue à bout qui ne supporte plus la situation ? La collecte des informations est réalisée plutôt scrupuleusement, le puzzle se met en place grâce à un enchaînement de faits cohérent, des personnages réalistes et parfois touchants… Norah Guéneau © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°26 : 07.V.06 * * *
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